01 septembre 2007
La Colline a des Yeux 2 - Martin Weisz
La Colline a des Yeux 2 (2007) - Réalisé par Martin Weisz - Avec Daniella Alonso, Michael McMillian, Jessica Stroup, Jacob Vargas - Titre original: The Hills Have Eyes 2 - Film américain
-16 ans
Résumé: Lors d'une mission de routine, une unité de jeunes soldats de la Garde Nationale fait halte dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du matériel à des scientifiques. Lorsqu'ils arrivent, le camp est désert. Après avoir repéré un signal de détresse dans la montagne voisine, les soldats partent à la recherche des savants disparus... Ils ignorent que ces collines, autrefois hantées par la terrifiante famille Carter, sont aujourd'hui peuplées par une tribu de mutants cannibales qui attendent leurs proies, pour se nourrir et se reproduire...
Mon avis: Après un premier épisode tout à fait réussi, la Colline
Tout ce qui faisait du premier volet un excellent film semble en effet avoir
foutu le camp et Martin Weisz nous sert un film d'une impressionnante bêtise.
L'ambiance pesante du premier volet a disparu, et plutôt que de créer une
véritable atmosphère, le réalisateur se contente de nous faire sursauter avec
des effets de surprises, et d'ailleurs, le sursaut n'est pas garanti puisque
les actions sont souvent horriblement prévisibles...Le scénario tient sur une
feuille de papier toilette, il est idiot et convenu du début à la fin, à tel
point qu'on a l'impression d'avoir déjà vu le film une dizaine de fois et on
sait dès le départ comment il va se terminer (au bout d'une
heure, le petit gros, les deux blacks et le mexicains sont morts et prêts à
être enterrés!...et qui s'en sort?...les trois beaux gosses bien sûre!). Les
dialogues sont dune niaiserie et d'une inutilité qu'il est bon de souligner, à
tel point qu'il film muet aurait été largement préférable.
Toute la puissance de la mise en scène du premier volet à bel et bien disparue,
laissant place à quelques plans agréables, suivis de véritables foutaises, mal
cadrés et souvent assez moches, le tout souligné par une photographie correcte
mais qui n'a rien de réellement surprenant. Les effets spéciaux quand à eux sont loin
d'être impressionnants: si les mutants du premier volet pouvaient parfois paraître
quelque peu risibles, dans ce second volet, on a atteint les sommets du
grotesque, le nirvana du stupide, le comble du loufoque...bref,
c'est mauvais. Nous ferons l'impasse sur les clichés insupportables dont le
film déborde, sans parler du QI moyen de la plupart des personnages...
C'est convenu, lourd, bête, et la fin nous prépare bien évidemment à un
troisième épisode...la barque est définitivement sur le point de couler!
On retiendra tout de même ce deuxième épisode de la saga
pour les moments de fou rire (involontaires, bien entendu…) qu’il nous procure:
à défaut d’avoir eu peur, au moins on s’en sera payé une bonne tranche!
Moche et mal
foutu, bêtement convenu et idiotement calculé, la suite de l'excellent remake
du petit français Alexandre Aja est un grand moment de n'importe quoi...
Note: 06/20
Bande annonce : La Colline a des Yeux 2
Les Simpson - David Silverman
Les Simpson (2007): réalisé par David Silverman - Avec les voix de Dan Castellaneta, Julie Kavner, Nancy Cartwright, Yeardley Smith - Titre original: The Simpsons Movie - Film américain
Résumé: Lorsqu'Homer pollue gravement le lac de Springfield, une agence de
protection de l'environnement décide de mettre la ville en quarantaine
en l'isolant sous un énorme dôme. Les Springfieldiens, fous de rage,
sont bien décidés à lyncher le coupable. Devant cette vague
d'animosité, les Simpson n'ont d'autre choix que de fuir et de s'exiler
en Alaska.
Mon avis: Après
bien des années de bons et loyaux services sur petit écran, la famille Simpson débarque
dans les salles obscures le temps d’un long métrage savoureusement concocté par
David Silverman,
réalisateur de nombreuses séries ainsi que du film d’animation Monstres & Cie.
Alors qu’on était en droit de craindre une pâle transposition du petit au grand
écran, le réalisateur réussit le pari difficile d’égaler le feuilleton
télévisé, voire même, par certains aspects, à le surpasser. Car en effet, le
long métrage de David Silverman
est un enchaînement de gags plus drôles et jubilatoires les uns que les autres,
le tout enrobé par une mise en scène remarquablement souple et novatrice qui en
dit long sur les capacités du réalisateur. On retrouve bien évidemment tous les
membres de la famille Simpson ainsi que toute la galerie de personnages gravitant
autour de cette dernière, des
personnages pour la plupart devenus cultes, tel que Smithers, Moe, Ned Flanders et bien
d’autres encore.
Tout, y est, cet humour unique et corrosif, plus
irrévérencieux que jamais, cette façon si particulière de traiter les tourments
de l’Amérique, cette palette de couleur, chaude et particulièrement vive, et
bien évidemment, cette inoubliable mélodie qui introduit habituellement chaque
épisode de la série. Drôle, certes, le film n’est pas pour autant dénué d’intelligence,
bien au contraire, puisqu’il délivre un message écologique simpliste mais également
touchant quand on sait que la protection de l’environnement est un thème
particulièrement cher aux yeux de Matt Groening, le créateur de la série d’origine
qui s’est également occupé de l’écriture du scénario, accompagné de bon nombre
d’auteurs. S’il est habituel de voir des séries télévisées laisser place à de véritables
foutaises cinématographique, il est bon de souligner que cette adaptation sur
grand écran de la vie d’une des plus célèbres familles américaines remplit
amplement son contrat, nous offrant près d’une heure trente de rire intense et de
plaisir jubilatoire. Si le scénario n’a rien d’exceptionnel, le métrage nous
fait rire et nous met parfois la larme à l’œil, les émotions s’enchaînent à
quelques minutes d’alternance, prouvant une fois de plus à quel point le
contrat est rempli. L’objectivité est quoi qu’il en soit à mettre au placard
devant le long métrage de Silverman, le film se regarde de la même façon qu’un
épisode de la série, le sourire aux lèvres et l’esprit chargé de second degré,
alors inutile d’être bêtement objectif, laissons nous plutôt submerger par
cette déferlante de sensations jouissives!
Coloré, déjanté,
hilarant et irrévérencieux, l’adaptation cinématographique de la plus célèbre
des familles télévisuelles américaines est un régal de grand n’importe quoi qui
ne se prend jamais au sérieux. A l’image de la série, drôle et jubilatoire!
Note: 14/20
Bande annonce: Les Simpson
18 août 2007
Shortbus - John Cameron Mitchell
Shortbus (2006) - Réalisé par John Cameron Mitchell - Avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson, Lindsay Beamish, Raphaël Barker - Film américain
-16 ans
Résumé: Shortbus suit plusieurs personnages
new-yorkais dont les aventures tragi-comiques naviguent entre sexualité
et sentiments. Tous fréquentent un club underground moderne, Shortbus,
où s'expriment toutes les sexualités. Sofia est sexologue et n'a jamais
connu l'orgasme. Avec son mari Rob, elle simule le plaisir depuis des
années. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui tente de
l'aider. Parmi les patients de Sofia, James et Jamie sont un couple gay
qui tente d'ouvrir ses relations sexuelles à un troisième partenaire.
James propose une relation avec Ceth, mais Jamie reste sur ses gardes.
James semble avoir un projet secret. Il est suivi par un mystérieux
observateur, Caleb...
Mon avis: Second long métrage de John Cameron Mitchell,
Shortbus représente une étape majeure dans l'histoire du cinéma.
En effet, c'est une des rares fois au cinéma, en dehors du cinéma
pornographique, que des rapports sexuels non simulés et particulièrement
explicites sont filmés dans un long métrage. L'objectif du réalisateur paraît alors clair:
montrer au spectateur le sexe dans sa plus pure simplicité, sans artifices,
sans tricherie aucune. Si certaines scènes peuvent déranger
lors du premier visionnage, ce n'est que par leur sincérité, car Shortbus est
avant tout un film sincère, simple, débarrassé de toute pudeur
cinématographique: entre la scène d'introduction et son défilement d'images
explicites, la relation sexuelle des trois homos, crue à en faire pâlir un
homophobe (ce qui n'est certainement pas pour déplaire au réalisateur), les
quelques scènes se déroulant à l'intérieur même du club...bref, de quoi remuer la petite
Amérique puritaine à laquelle le réalisateur ne cesse de se frotter!
Etant donné l'ampleur de certaines scènes, le fait d'engager des acteurs
inconnus s'est imposé au cinéaste comme une fatalité...et ce n'est pas plus mal
! Rarement une telle perfection n'avait été ressentie dans la prestation
d'acteurs amateurs: délicieuse Sook-Yin Lee, émouvant Paul Dawson, touchante Lindsay
Beamish...jamais on ne ressent le moindre faux pas, la moindre erreur dans le
jeu de chacun des acteurs, qui ne tarderont certainement pas à se faire un nom.
Mais plutôt qu'une fresque graveleuse saupoudrée d'humour noir, Shortbus
est avant tout un incroyable morceau de vie, emprunt d'intelligence et
éminemment sensible. Lieu utopiste où l'homme retrouverait sa vraie nature, le
Shortbus apparaît avant tout comme un lieu où tout est possible, ou hétérosexualité
et homosexualité se côtoient sans jugements, et où toute les rencontres
semblent possibles. Malgré ses allures de joyeux bordel, le Shortbus se présente comme le
lieu même de la tolérance, à tel point que l'on souhaiterai que la ville se
limite à ces murs colorés, témoins des ébats de dizaines de new-yorkais venus
chercher un sens à leur existence. Confrontés quotidiennement aux contrariétés de la vie, n'ayant
connu comme évènement marquant que l'effondrement des tours jumelles, jeunes et
vieux, riches et pauvres...tous sont égaux au Shortbus!
Mais le long métrage de John
Cameron Mitchell va bien plus loin, puisqu'il propose de gratter les apparences
pour nous dévoiler les aspects les plus complexes de la sexualité, et même de
l'amour en général: Sofia devra remettre en question sa
compatibilité sexuelle avec son époux, James choisira d'introduire un autre
homme au sein de son couple, et Severin cherchera désespérément une véritable
relation humaine...chaque personnage est si complexe que l'on pourrait faire un
film sur chacun d'eux. C'est en examinant les rapports humains que le cinéaste dissèque nos
propres maux, pour nous imposer une vision du monde simple et sulfureuse,
éminemment lyrique, profondément humaine et intelligente, et c'est lors de la
scène de fin que cette sensation de liberté atteint son paroxysme.
Le tout est dirigé par une mise en scène extrêmement simpliste, caméra portée
mais toujours bien menée, et certains plans sont d'une beauté remarquable.
Energique et puissante, parfois virulente et d'autres fois douce,
Il serait dommage de prendre Shortbus pour ce qu'il n'est pas. Loin de la simple comédie graveleuse, c'est une véritable leçon de vie que nous propose John Cameron Mitchell, une leçon qui nous met le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux. Remarquable!
Note: 16/20
Bande annonce: Shortbus
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